Quoi? Tu ne sais pas ce que c'est qu'une fille? C'est ce petit être sans pénis, éduqué pour devenir l'esclave de son propre mari, éduqué pour passer l'aspirateur, écarter les jambes et garder les gosses. C'est ça, une fille, du point de vue de notre société et de la propagande populaire.
Mes parents ont décidé de me nommer Adeline. C'est germanique, cela veut dire noble. Je ne vais pas cacher que j'aime mon prénom, de un car il est germanique, de deux parce que son sens n'est pas trop naze.
Ce jour-là, j'ai beaucoup pleuré, car mes petits organes n'avaient pas l'habitude de ce nouveau monde. Ce gaz qui remplissait mes poumons, les étirait, les tordait.... Un véritable enfer. Une petite souffrance accueillante. La première de toutes.Mais je pense que ce qui m'a fait le plus pleurer ce jour-là, ce fût la coupure du lien ombilical. Cette coupure qui annonce que, ça y est, tu es seule, et tu le resteras ; seule dans ta propre misère, seule entre tes mains et seule à penser autrement...Bienvenue.
Tes propos déplacés? Ces propos n'ont rien de cohérents. Ils font peur dans le sens qu'ils sont pathétiques. Tu trembles un peu car tu as envie. Tu souris comme si tu voyais au fond de mes yeux une approbation à tes promesses. Jusqu'au moment où le non te tomba sur la gueule. C'est drôle, tu paraîs encore plus ridicule lorsque tu es déçu.
Allez, encore un lot de frustrations en plus. Tu peux fermer ta braguette et remonter la rue seule, il y a des choses bien plus importantes que tes paroles pseudo-romantiques. [ Métaphore de ce que je vis en ce moment ; propositions niaises et recalées, amour sale qui porte pour moi - il vante ses prouesses sexuelles écoeurantes, je le déteste ].
