Le cadavre étendu sur le bord de la route.

Le cadavre étendu sur le bord de la route.







[...]

Il m'a jeté un regard étrange, tout en faisant la moue. Je n'étais alors qu'un morceau de chair rouge dans ses bras. Oui. Il avait vu l'apparence de mon sexe entre mes jambes, et à en juger la longueur et la largeur... Il sourit. Puis il annonça que j'étais une fille.
Quoi? Tu ne sais pas ce que c'est qu'une fille? C'est ce petit être sans pénis, éduqué pour devenir l'esclave de son propre mari, éduqué pour passer l'aspirateur, écarter les jambes et garder les gosses. C'est ça, une fille, du point de vue de notre société et de la propagande populaire.
Mes parents ont décidé de me nommer Adeline. C'est germanique, cela veut dire noble. Je ne vais pas cacher que j'aime mon prénom, de un car il est germanique, de deux parce que son sens n'est pas trop naze.
Ce jour-là, j'ai beaucoup pleuré, car mes petits organes n'avaient pas l'habitude de ce nouveau monde. Ce gaz qui remplissait mes poumons, les étirait, les tordait.... Un véritable enfer. Une petite souffrance accueillante. La première de toutes.Mais je pense que ce qui m'a fait le plus pleurer ce jour-là, ce fût la coupure du lien ombilical. Cette coupure qui annonce que, ça y est, tu es seule, et tu le resteras ; seule dans ta propre misère, seule entre tes mains et seule à penser autrement...Bienvenue.



[...]

Je l'ai regardé à ce moment-là, et oui, j'aurai pu lui vomir dessus. Ces lèvres sont les bords d'un puits empli de mensonges putrides. Oh ! Darling, ne vous lassez-vous donc pas de mes propos déplacés? Provocation maladroite et propos populaires, à s'en chiez dessus mon grand. Tu le fais exprès? Ta bite en main, tu parles d'amour? Et c'est quoi l'amour pour toi ? Une force bénigne que les gens se forcent de magnifier, un sentiment burlesque cachant un instinct primitif, une ridicule allégorie du Ken sur son cheval blanc? Je me fiche de savoir si ton amour n'a point de limites. Je me fiche de savoir que ton charme en a fait tombé plus d'une. Je me fiche de savoir que tu l'as déjà fait et que tu es un véritable dieu au lit. Je me fiche de tout ça. Car dans quelques années, une femme viendra sonner à ta porte tenant en son ventre le foetus que tu as engendré lors d'une soirée trop arrosée. Elle pleurera. Son mascara de petite salope zébrera ses joues. Tu te sentiras honteux mon grand, d'avoir rempli l'utérus de cette pimbèche. Oh ! Oui, ce sera honteux. Cela salira ton nom de famille. Et cela fera rire les autres.
Tes propos déplacés? Ces propos n'ont rien de cohérents. Ils font peur dans le sens qu'ils sont pathétiques. Tu trembles un peu car tu as envie. Tu souris comme si tu voyais au fond de mes yeux une approbation à tes promesses. Jusqu'au moment où le non te tomba sur la gueule. C'est drôle, tu paraîs encore plus ridicule lorsque tu es déçu.
Allez, encore un lot de frustrations en plus. Tu peux fermer ta braguette et remonter la rue seule, il y a des choses bien plus importantes que tes paroles pseudo-romantiques. [ Métaphore de ce que je vis en ce moment ; propositions niaises et recalées, amour sale qui porte pour moi - il vante ses prouesses sexuelles écoeurantes, je le déteste ].





(n'aime pas le plagiat ; avertissement à tous ces enculés qui risquent de s'en prendre plein la tronche)

# Posté le mercredi 04 novembre 2009 11:47

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 12:44

Nacht Und Nebel

Nacht Und Nebel


" Nous qui feignons de croire que tout cela n'est que d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous,
Et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin."
Jean Cayrol
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# Posté le mercredi 11 novembre 2009 11:53